jeudi 29 octobre 2009

De Bénarès à Gris-Gris

Nous avons découvert en août dernier que Patrick, un mauricien passionné de marche dans la nature, organise 2 à 3 dimanches par mois des randonnées de différents niveaux. Il a formé un groupe (une asso ?) qui s'appelle "Pat Loisirs", ouvert à toutes les personnes intéressées. Les prix peuvent varier, mais en gros c'est 250 roupies (env. 5,5 €) pour se joindre au groupe pour la journée. Chacun emmène son sandwich et son eau, mais Patrick organise le transport en bus jusqu'au point de départ de la randonnée (et le retour aussi bien sûr).

Nous avons déjà fait une randonnée (plutôt une ascension d'ailleurs) avec ce groupe fin août, dont je parlerai peut-être dans un prochain billet. Ce jour-là, nous étions une centaine de participants !

Dimanche dernier, nous avons fait notre 2ème sortie avec Pat Loisirs. Nous sommes partis à 4 de la maison : Annie la mère de Benjamin, Franck l'un de ses collègues, Benjamin, et moi. Le trajet (en voiture jusqu'au point de RV du bus ; et en bus jusqu'au départ de la randonnée) s'est fait sous une méchante pluie, qui nous a un peu fait hésiter sur notre participation... Mais bon, un peu d'eau n'allait pas nous faire grand mal... Et puis le temps était redevenu sec quand nous sommes arrivés à Bénarès, dans le sud de l'Ile, au point de départ de la rando (sur le site d'une usine sucrière désaffectée).


A Bénarès, où le bus nous a déposés

Quelques champs de canne à traverser au début (incontournable, la canne est partout sur l'Ile), et on est rapidement arrivé le long de la mer. Pas de lagon dans ce coin-là : peu ou pas de plage, pas l'ombre d'un baigneur, des vagues qui éclataient sur les rochers, parfois des petites falaises, des arbres couchés par le vent et de temps en temps... une fine pluie qui se remettait à tomber. Ma foi, on se serait presque crû en Bretagne !





Le sentier nous a même fait descendre au bord de l'eau : hop, on saute de rocher en rocher, attention aux glissades... Malgré l'absence de soleil la plupart du temps, nous avons eu assez chaud (comme à mon habitude, j'ai été toute rouge et en nage les 9/10èmes du temps). Du coup ça faisait vraiment du bien d'être tout près de la mer (assez déchainée par moments) : ça rafraichissait pas mal, merci les embruns !


Ensuite nous sommes entrés dans un domaine privé (avec autorisation préalable bien sûr) : on est tous passé par une échelle pour franchir un mur, et nous avons longé de nouveaux champs de canne à sucre. Des mauriciens en ont ramassé par terre, et en ont coupé pour qu'on puisse en boire le sucre (concrètement il faut sucer et mâchouiller le morceau de canne). C'est très fibreux mais plutôt bon !





Après une rapide pause déjeuner sous un kiosque, nous sommes repartis sans savoir que le meilleur nous attendait juste après. Nous sommes arrivés à l'embouchure de la Rivière des Anguilles, qu'on devait traverser. Le problème, c'est qu'il avait beaucoup plu depuis 3 jours. Le niveau de l'eau était bien monté... Et de nombreux rochers qui permettent normalement de traverser à peu près à sec, avaient disparu sous l'eau ! Très longue hésitation de Patrick et son équipe sur la solution à adopter pour traverser : remonter la rivière en amont pour voir s'il y avait un passage ? Traverser malgré tout à cet endroit-là, tout près des - grosses- vagues ? C'est la 2ème solution qui l'a emporté : et nous voilà tous en train de former une chaîne humaine pour nous aider les uns les autres à ne pas tomber, à savoir où poser ses pieds, et à ne pas être déséquilibrés par le courant !


Benjamin (en marron derrière le monsieur au t-shirt rouge) & Annie (en blanc avec son grand bâton) sont à peu près au milieu, les jambes dans l'eau... franchement bien fraîche !

Personnellement, je suis passée dans les dernières (espérant secrètement qu'un miracle arrive avant mon tour, genre une soudaine grosse décrue ?). Contrairement à Benjamin & Annie, Franck & moi avons fait le choix de mettre nos chaussures et chaussettes dans nos sacs et de traverser pieds nus. Bon choix ! Les choses se sont plutôt bien passées, j'avais de l'eau jusqu'aux genoux et le courant était plutôt fort par endroits, mais les rochers au fond de l'eau étaient étonnamment lisses, donc pas de mal. Il y a juste eu cette soudaine grosse vague sournoise qui m'a fait crier (pardon tympan de Franck) - mais je n'ai pas été la seule à hurler. Poum, en une seconde, mon treillis trempé jusqu'au bas des fesses, tout ce que j'aime !!...

Bref, une traversée épique, je pense qu'Annie s'en souviendra LONGTEMPS !!!! :-)))

Après ça, il a fallu remonter la falaise (bien abrupte), mais ouf, ensuite c'était du plat ! Nous sommes passés par un petit domaine "d'éco-tourisme", les Lodges d'Andréa, puis nous sommes rentrés dans les terres. Nous avons découvert la Cascade des Négresses, qui tire son nom du fait que les femmes créoles se baignaient autrefois à cet endroit à la fin de leurs journées, lorsque les cases n'avaient pas l'eau courante et donc pas de douche.


La Cascade des Négresses

Nous avons terminé cette randonnée d'une douzaine de kilomètres vers 16h00. L'arrivée s'est faite sur la plage de Gris-Gris, à Souillac, où le bus nous attendait. J'ai eu peur des petites courbatures pour le lendemain matin, mais finalement aucun problème à ce niveau-là ! (en revanche au niveau des coups de soleil sur le visage, bonjour...)


Annie & moi (moi bien contente d'être assise...)


Les garçons avant qu'ils ne s'endorment pendant les 3/4 du trajet !


mercredi 21 octobre 2009

Divali

Aujourd'hui mercredi 21 octobre, il pleut des cordes sur Tamarin, et il y a un bon gros brouillard. Je ne savais même pas qu'il pouvait y en avoir (autant) à l'Ile Maurice. La petite montagne derrière chez nous (la Tourelle de Tamarin) n'est pratiquement pas visible, et toutes les montagnes qu'on voit d'habitude au loin ont disparu. Idem pour l'océan : plus de lagon, plus de ligne d'horizon, plus rien, que de la "purée de pois". Bizarre !!

J'ai un peu l'impression d'être en hiver, quand il pleut toute la journée et que le ciel est très bas. On est super content de rentrer chez soi le soir après le travail, dans son appartement bien douillet alors que dehors tout est gris et qu'il fait froid.

Sauf que... pas complètement quand même : je suis bras nus, la clim' est en marche, il fait 26° au thermomètre de la voiture, et les moustiques sont toujours en forme... Mes impressions d'hiver sont assez fugaces ! :-)

Bon, je devais parler de Divali (ou Diwali ou Dipavali ou Deepavali, etc) !



C'est une fête hindoue qui a eu lieu cette année le samedi 17 octobre. Elle est souvent décrite comme la plus colorée et la plus gaie des fêtes indiennes. Divali est aussi appelée la "Fête des Lumières" : c'est la fête de la Lumière (le Bien) contre les Ténèbres (le Mal). Cette année, la ville de Lyon était "partenaire" de Divali, et la Mairie a apporté à l'Ile Maurice son savoir-faire en la matière, puisque la Fête des Lumières de Lyon est internationalement reconnue.

A la tombée de la nuit, les temples et de nombreuses maisons s'éclairent. Des bougies, des lampes à huile et des guirlandes lumineuses sont installées un peu partout. Beaucoup de gens sortent en famille, et se souhaitent un "Happy Divali". Ils s'offrent aussi des cadeaux à cette occasion : tout ça fait beaucoup penser à Noël !

Bien sûr, les magasins profitent de cette fête : j'ai pu voir beaucoup d'offres spéciales pour des saris, des friandises, des guirlandes lumineuses, etc. J'ai aussi enfin compris pourquoi depuis 2 semaines, dans les supermarchés, ces petits "pots" en terre cuite sont à vendre partout dans des grands bacs... Ce sont en fait des petites lampes à huile !


(image indes-et-partages.over-blog.org)

A l'origine de la fête de Divali, il y a l'histoire de Rama (roi d'Ayodhya et héros mythique) et de son épouse Sita. Le démon Ravana enleva Sita, et l'emmena avec lui dans son propre royaume. Mais Rama, grâce à l'aide de son frère et du Dieu-Singe Hanuman, réussit à tuer le démon Ravana et à délivrer Sita (victoire du Bien sur le Mal). Le retour des deux époux en leur royaume se fit de nuit. Pour qu'ils retrouvent leur chemin (ou pour leur montrer leur joie de les revoir, selon les interprétations), les habitants d'Ayodhya illuminèrent la route de multitudes de lumières. En sanskrit, "dipa avali" veut dire "rangée de lumière".


Rama, entouré de Lakshman (son frère), de Sita (son épouse),
et d'Hanuman (le Dieu-Singe) - (image Azindia.com)


Cette fête est aujourd'hui associée à l'arrivée sur Terre, tous les ans, de la déesse Lakshmi (déesse de la prospérité), qui vient pour y apporter bonheur, chance et richesse.

A l'Ile Maurice, Divali est l'occasion pour les hindous d'acheter des habits neufs et plus beaux encore que d'habitude (les saris de toutes les couleurs, c'est juste magnifique). Ils préparent avant la fête des tas de friandises et de gâteaux, qu'ils emballent ensuite avec soin. Ces gâteaux sont préparés pour être partagés avec le voisinage, ou pour être offerts à tous. Et nous avons pu constater que cette tradition du partage est bien réelle : nous avons effectivement reçu plusieurs boîtes de gâteaux !




Les gâteaux offerts par Betty




Les gâteaux offerts par les collègues de Benjamin


En ce qui nous concerne, nous sommes allés nous balader du côté de Port Louis. Les immenses silos du port étaient éclairés et des minis films étaient diffusés sur cet "écran" gigantesque. Des guirlandes avaient été accrochées aux voiliers qui mouillent dans le port (très joli), et les palmiers étaient éclairés d'un vert fluorescent. Nous avons assisté au début d'un petit spectacle de danse au Caudan. Nous sommes ensuite partis à Quatre Bornes, où il y avait pas mal de monde dans les rues, des pétards qui explosaient, d'immenses façades éclairées... Un show était aussi prévu à la Mairie, mais nous ne l'avons pas regardé... car Toulouse allait tenter de battre les Harlequins et ça, c'était VRAIMENT primordial ! :-))


Derrière Benjamin, on distingue des petits voiliers décorés de guirlandes lumineuses


Une boutique du Caudan Waterfront, toute décorée

Pour tout plein de détails, Wikipedia bien sûr.
Orange (eh oui) a également son dossier spécial Divali...


dimanche 18 octobre 2009

Tamarin

Un billet à propos de l'endroit où nous vivons !




Tamarin est une petite ville située sur la côte ouest de l'Ile Maurice, à environ 45 minutes en voiture de la capitale Port Louis. L'océan arrive à Tamarin sans lagon, et la baie de Tamarin est connue pour ses vagues en hiver, qu'apprécient les surfeurs.


Malgré la pancarte, il y a toujours des baigneurs le we !


Tamarin n'a pas de maire ou de conseil municipal comme en France. A l'Ile Maurice (hormis les "grosses villes") chaque village est administré par un "village council" (12 membres) élu pour 5 ans. Chaque année, le "village council" élit un nouveau "chairman" et un nouveau "vice-chairman". La ville de Tamarin (3766 habitants au 1er juillet 2006) fait partie du Black River District Council.




Tamarin est une petite ville où les expatriés sont nombreux, en attestent notamment la présence de 2 supermarchés, d'un complexe sportif ("Riverland") aux équipements modernes et de bonne qualité, et d'une école maternelle et primaire française (école "Paul et Virginie"). Pour la petite histoire, nous nous sommes tous les deux inscrits au Riverland début avril, pour 3 mois. Nous n'y avons jamais mis les pieds... La loose ! :)


L'hypercentre !


Mais Tamarin est aussi LE village qui produit le sel pour l'Ile Maurice : l'incontournable Royal Road (y a-t-il un village mauricien qui n'ait pas sa Royal Road ?...) longe les salines où l'on peut voir le matin, des femmes aux grands chapeaux penchées à ramasser le sel...








Les pécheurs restent encore nombreux, ils côtoient les surfeurs et quelques touristes qui séjournent au seul hôtel du village (relativement petit, comparé aux resorts de luxe qui existent sur l'Ile !).




Nous passons tous les jours devant l'église du village (pleine à craquer tous les week-ends), et devant le temple hindou tout rose !




Tamarin possède quelques restaurants (des pizzérias essentiellement), dont le "Cabanon Créole", qui ne paie pas de mine de l'extérieur, mais qui surprend ensuite par son décor et par sa cuisine bien sûr !

Je crois qu'après notre départ, nous nous rappellerons longtemps des nombreux chiens errants, et de l'état des routes pour arriver à la maison (nos invités et les pneus de nos voitures peuvent en témoigner...) : nous devenons des pros du slalom pour éviter les ornières ! Je me rappellerai aussi sans doute longtemps des poules et des chèvres qu'il faut souvent éviter sur la route - qu'il est loin le 11ème arrondissement de Paris ! -, ce qui personnellement ne me gêne pas du tout, j'ai même le sourire aux lèvres quand elles sont là !







vendredi 16 octobre 2009

Aïe ! Corail de feu !

Petite mésaventure en fin de semaine dernière lors d'une plongée : j'ai touché du corail de feu (selon les moniteurs du club). Ouch !!!

Benjamin & moi avons plongé avec Fadi, l'un des moniteurs. Il a des connaissances ÉNORMES sur les poissons, les crustacés, les coraux, bref, le monde sous-marin en général. Il fouine, il scrute, il est très attentif à toutes les petites créatures qui vivent par 20, 30 m de fond - et plus.

Plonger avec Fadi signifie donc voir plein de petites choses, et surtout, pouvoir mettre des noms sur ce qu'on a vu, au retour de la plongée (ce qui n'est pas toujours simple) !


Fadi, l'encyclopédie sous-marine !

Nous voilà partis samedi avec Fadi au large de Flic en Flac. A peine au fond, nous sommes tombés sur une belle anguille-serpent, bon... ça commençait très bien tout ça ! :-)

Quelques instants plus tard (attention, le drame approche), il a fallu se pencher pour regarder un truc. J'ai posé ma main droite sans regarder ce qu'il y avait dessous, et... j'ai retiré ma main aussitôt !!! J'ai eu la sensation d'avoir plein de petits piquants qui me rentraient dans une partie de la paume, sous le pouce très exactement ! Mais, détendeur dans la bouche oblige, je n'ai pas crié !


Du corail de feu

Heureusement, la douleur n'était pas très forte, et la plongée était hyper intéressante. En rentrant, pas grand chose de visible, ni samedi soir, ni dimanche. Ça a commencé à faire des petites boursouflures, à rougir, et surtout à gratter lundi matin. Depuis ce matin (vendredi), les boursouflures sont d'un rouge beaucoup plus foncé, mais ça ne me gratte pratiquement plus : je pense que le pic des démangeaisons est maintenant derrière moi, ouf !


14 octobre


16 octobre

Ça m'apprendra à faire attention aux endroits où je m'appuie parfois...

Cette première rencontre (et dernière j'espère !) avec un "mauvais côté" du monde sous-marin, ne m'a pas empêchée de replonger avec plaisir mercredi matin... :-)




lundi 12 octobre 2009

Des vacanciers à la maison

Au programme de la semaine dernière, en compagnie de Marc & Annie (les parents de Benjamin), et de Jean-Yves & Mimie (oncle & tante de Benjamin), venus nous rendre visite jusqu'ici :

- des restaurants (Litebar à Trianon, Domaine Anna à Flic en Flac)
- de la plongée sous marine (baptême pour Jean-Yves !)
- des traversées embouteillées de Quatre Bornes
- des heures passées sur un bateau au sud-est de l'Ile (incontournable Totof)
- des apéros à la maison, à Flic en Flac, ou les pieds dans l'eau, toujours avec du rhum...
- des allers-retours à l'aéroport
- des samoussas et des mines frites
- des explications sur le pourquoi du comment des éliminations actuelles de Koh Lanta
- de la chaleur
- des écorchures et du pantalon déchiré
- du road trip dans le sud
- des saris, des prières, des gongs, des couleurs partout autour de nous à Grand Bassin (Ganga Talao)
- des baignades et du snorkelling dans les lagons de Blue Bay et de Flic en Flac
- de la langouste grillée dégustée les pieds dans le sable sur l'Ile aux Vacoas
- des beaux coups de soleil
- etc etc...

:-)

Au Domaine Anna à Flic en Flac


Sur la route de Chamarel


A la Canne à Sucre à Flic en Flac, nous arrosons le baptême de plongée de Jean-Yves


Moments toujours impressionnants à Grand Bassin


Apéro sur une petite plage de l'Ile aux Aigrettes


L'heure de prendre quelques couleurs...



Ces quelques jours avec nos invités sont passés trop vite !

mardi 6 octobre 2009

Le Morne Brabant

A la pointe sud-ouest de l'Ile Maurice se trouve la petite montagne d'origine volcanique appelée Le Morne Brabant (555m), et classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis juillet 2008.

La montagne se jette dans l'Océan en formant une petite péninsule magnifique : plage de sable presque blanc, lagon sublime. Le Morne Brabant est l'un des plus jolis sites de l'Ile Maurice, mais c'est aussi un lieu chargé d'histoire, qui a attisé des tensions ces dernières années.



A la fin du 17ème siècle, les premiers colons (hollandais) arrivèrent sur l'Ile, et amenèrent avec eux les premiers esclaves. Peu à peu, certains réussirent à prendre la fuite : ils furent appelés les marrons (ou nègres marrons). Ils trouvèrent refuge sur la Montagne du Morne, difficilement accessible en raison de ses pentes très raides. Selon une légende locale, Le Morne aurait été le théâtre d'un suicide collectif. De crainte d'être attrapés par les gendarmes et les chiens, de nombreux marrons se seraient jetés du haut de la montagne, le jour où les autorités venaient leur apprendre que l'esclavage avait été aboli...



Les récits oraux de la vie des marrons se transmettent de génération en génération, les légendes perdurent. Pour une partie de la population mauricienne (les créoles, descendants des marrons), Le Morne serait le symbole du refus de l'esclavagisme. En 2003, l'Université de Maurice se lança dans des études archéologiques et anthropologiques au Morne. Les chercheurs apportèrent les preuves de ce que le mythe du marronnage au Morne Brabant était né d'une histoire vraie : des esclaves fuyant leurs maîtres ont bien vécu au Morne il y a plusieurs siècles. Le dossier pouvait donc être présenté à l'Unesco.

Mais la politique est venue se mêler du destin du Morne Brabant.



Un autre site mauricien est inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco : l'Aapravasi Ghat. C'est le lieu (à Port Louis) où les travailleurs venus d'Inde débarquèrent sur l'Ile Maurice, de 1834 à 1910. Le projet d'inscrire l'Aapravasi Ghat au Patrimoine Mondial de l'Unesco est postérieur à celui du Morne Brabant. Pourtant le gouvernement (hindou) décida de donner la priorité au site de Port Louis, au détriment du Morne. L'Aapravasi Ghat fut inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco en juillet 2006. La même année, un premier projet pour l'inscription du Morne fut quant à lui rejeté, le dossier n'étant pas assez étoffé. Cela provoqua la colère des créoles mauriciens.

Les acquis d'une communauté de l'Ile Maurice (hindous, créoles, mauriciens d'origine asiatique, "francos"), ne sont pas "fêtés" par les autres communautés, bien au contraire. Aux yeux des créoles, l'inscription de l'Aapravasi Ghat au Patrimoine Mondial en 2006 fut acquise à leur détriment, et uniquement en faveur des hindous.

Un parti politique représentant la population créole négocia donc avec le gouvernement, pour avoir son appui auprès de l'Unesco (promesse des voix des créoles aux élections législatives...). Le gouvernement accepta alors de défendre le dossier. Toute la classe politique s'appropria la "victoire" de l'inscription au Patrimoine Mondial de l'Unesco mi-2008...

Au-delà de ces considérations politiques, Le Morne est avant tout un lieu vraiment agréable pour les touristes, et pour les mauriciens et les résidents le week-end !




Beaucoup en profitent pour la baignade, pour le snorkeling, et pour bronzer sur une serviette de plage ! On peut également déjeuner dans un restaurant qui donne sur la plage, l'Embafilao : pour 3 fois rien, on peut dévorer des mines frites, des samoussas, des glaces, à quelques mètres de l'eau.... Il y a beaucoup de monde le week-end, énormément de mauriciens pique-niquent (ils viennent par dizaines de bus), des parties de foot sur le sable sont improvisées, beaucoup d'enfants jouent et sautent sur barques amarrées, et on entend des chants et de la guitare souvent. Nous y allons assez régulièrement, et nous y avons déjà emmené quelques personnes... Nous avons même pu voir une fois, des pêcheurs revenir de leur sortie en mer, avec une prise... conséquente !




Le Morne est enfin un spot réputé pour le kitesurf (notamment en hiver), connu sous le nom de "One Eye". La plage est assez longue et elle fait un angle : la partie qui donne sur le sud est très ventée, on peut donc y voir régulièrement beaucoup de kitesurfeurs, de windsurfeurs, mais aussi quelques surfeurs. Pour surfer, ces derniers vont jusqu'à la barrière de corail en ramant avec les bras, ou bien -méthode nettement moins sportive- ils se font emmener en bateau. :-)